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Réaction du CIRID à propos du dialogue d’Arusha

SOCIETE CIVILE - GEOPOLITIQUE - REGION GRANDS LACS AFRICAINS - RENCONTRES D’ARUSHA

jeudi 7 décembre 2017, par Pascal Nahimana

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Photo : ikiriho

Dialogue inter-burundais d’Arusha : Quels résultats ?

Le CIRID, Centre Indépendant de Recherche et d’Initiatives pour le Dialogue, suit avec une attention particulière, le 4e et probablement ultime round de Dialogue inter-burundais, qui se déroule à Arusha du 27 Novembre au 08 Décembre 2017.

Selon la facilitation, ce dialogue devrait être rapatrie bientôt au Burundi, pour la mise en application si possible, des décisions qui seront prises à Arusha. Cette vision de la facilitation est non partagée par le gouvernement du Burundi, mais aussi par la majorité des chefs d’Etats de l’EAC, qui parrainent de près ou de loin, ce dialogue.

Au niveau de la participation, nous retrouve des acteurs clés de la scène politique Burundais : le gouvernement représenté a un niveau respectable avec la participation du chef du puissant parti au pouvoir, le General Evariste NDAYISHIMIYE accompagne d’autres ténors de ce parti. Toujours coté du pouvoir, les ministères des relations extérieurs et de l’intérieur y sont également représenté à un bon niveau.

Le chef de l’opposition extraparlementaire, et Président du Parti FNL, Mr Jacques BIGIRIMANA est également présent à Arusha.

L’opposition intérieure dite radicale, est également bien représentée, avec la présence de Mr Agathon RWASA d’AMIZERO, et surtout du professeur Evariste NGAYIMPENDA dont la participation dilue fortement l’absence d’autres opposants radicaux membres du CNARED, puisque NGAYIMPENDA défend les mêmes intérêts qu’eux.

L’absence des opposants radicaux basés en Europe montre à quel point ceux-ci sont entrain de perdre le sens des réalités, comme le confirme leur collègue NGAYIMPENDA reste au pays, et qui, exhorte ses compatriotes à abandonner leur politique de la « chaise vide ». Cette absence risque aussi d’être interprétée comme une marque de laxisme de la part des Etats qui continuent à trop comprendre le point de vue des radicaux dont les revendications sont particulièrement exagérées.

Par ailleurs, certaines personnalités bénéficiant encore, pour diverses raisons de traitement de faveur dans certains milieux Occidentaux, n’ont visiblement aucune envie de rentrer, sachant bien que la nouvelle donne politique au Burundi, ne leur laisse pas beaucoup de possibilités pour occuper des positions de choix.

A ce propos, nous estimons essentielle, la question du retour des politiciens en exil et surtout des réfugiés dont les modalités de rapatriement devraient être parmi les premières préoccupations. En effet, la grande majorité de réfugiés ne doit pas souffrir des positionnements des politiciens qui pour la plupart, ont d’autres intérêts et même d’autres ressources. Ce rapatriement de réfugiés s’impose donc comme une urgence, surtout que la situation sécuritaire au Burundi énormément évoluée positivement, par rapport à 2015. Nous estimons par ailleurs que la majorité de politiciens ne devraient pas adopter l’attitude de solidarité négative envers leur collègues exclus aujourd’hui du dialogue pour des motifs divers.

Cependant, nous redoutons aujourd’hui au CIRID, que des intérêts privés risquent de bloquer la dynamique positive observable au Burundi, car la position stratégique du Burundi dans la région des Grands Lacs suscite à notre connaissance, beaucoup de convoitises.

A cet effet, le CIRID, observateur attentif, lui aussi absent a Arusha, faute de n’y avoir pas été convié, est entrain de mettre en place une stratégie d’action, en vue de contribuer, à sa façon, pour la recherche d’une solution durable aux conflits qui secouent cette région depuis des décennies.

Aux dernières nouvelles, nous apprenons et constatons en tant qu’observateur indépendant, que les positions du gouvernement et de son opposition radicale sont pour le moment inconciliables (Cfr. Les propositions respectives faites à la facilitation). En fin de compte ce énième round d’Arusha se termine par un statut quo, Ce constat n’empêchera pas le gouvernement du Burundi, fort de sa légitimité électorale, de poursuivre son programme. Il faut noter à ce sujet que la proposition d’amendement de la constitution sera soumise soit à l’assemblée ou au référendum populaire, et qu’il pourrait y avoir dans la foulée une mise en place d’un nouveau gouvernement pour préparer les échéance 2020.

Pour le CIRID
Déo HAKIZIMANA
Président Fondateur